[Dossier] Réflexion sur le Webdesign en 2013/2014


Travaillant chaque jour pour la création de marque, d’identité visuelle ou d’un simple webdesign pour mes clients, je voulais écrire depuis quelques temps un article sur la place du Webdesign dans la stratégie d’une création de marque. Le Web est un support de communication absolument indispensable de nos jours, on ne peut plus passer outre pour une marque qui souhaite s’implanter sur un marché qu’il soit généraliste ou de niche.

L’évolution du (Web) Design depuis 10 ans.

Si on fait un retour en arrière sur l’aspect graphique du web. On se rend compte dans un premier temps que le web n’a pas été toujours ce canal de communication. Cela peut paraître anodin aujourd’hui mais il y a 10/15 ans, le web n’était pas du tout dans l’objectif des sociétés. Elles n’en voyaient d’ailleurs pas l’intérêt et/ou l’utilité. Puisque ce canal n’était pas encore destiné à ce qu’il est aujourd’hui. Il existait déjà bon nombre de moyens de communication comme la radio, la télévision, le print (fly, mailings, …) pour augmenter sa notoriété.

Les créatifs donc ne pensaient pas « web » mais bel et bien communication globale avec les outils disponibles à ce moment. Avec l’arrivé du haut débit puis de la démocratisation de « l’internet » les choses se sont bien accélérées. En parallèle, on voit les développeurs plancher sur des technologies plus poussées permettant de créer des contenus plus dynamiques, plus personnalisés qu’un simple tableau avec des abus de gif animés (on voit encore d’ailleurs quelques sites qui traînent ça et là de l’époque).

On quitte donc les couleurs flashy et mal structurées pour des choses plus rassurantes pour les visiteurs. Aujourd’hui, c’est un web très classe, qualitatif et extrêmement réfléchi faisant partie intégrante d’une stratégie de communication et cela nous ne pouvons plus y couper.

Le WebDesign dans la stratégie d’entreprise.

Triangle hipster bizarre character

 

Aujourd’hui le webdesign est le reflet d’une réflexion non plus sur ce que souhaite un client, sur ses goûts, ses envies mais bel et bien une réflexion sur « qu’est-ce que les clients de mon client ont besoin pour être rassurés ». Le but est de déclencher une action directe : je pense par exemple à créer un acte d’achat impulsif, un appel téléphonique ou une prise de contact par email ou autres, suivant les besoins de la société. J’ai d’ailleurs pu confirmer ma positon en la partageant avec d’autres experts du web lors des  Web2connect la semaine dernière et nous avons tous resenti un consensus sur ce point.

Alors pourquoi le webdesign est-il si important ? Simplement parce qu’il permet, en une poignée de secondes, de faire rentrer l’internaute dans l’univers de la marque. Lui faire prendre conscience qu’il se trouve au bon endroit, au bon moment.

Prenons par exemple le site ecommerce Cdiscount. Ce site, graphiquement très flashy et agressif n’est pas du tout une histoire de « mauvais goût » (bon cette notion est très subjective, je vous l’accorde) mais un choix stratégique très poussé. Donner un côté exclusif, promotionnel, stresser en permanence l’internaute avec des délais d’achat très courts. Le fait de « noyer » l’internaute dans l’arborescence du site et dans l’afflux constant d’informations pour lui faire croire qu’il va dénicher une perle dans le fin fond du site… Autant de choix, qui donne aujourd’hui le résultat simple : le site cartonne.

Dans un tout autre registre, nous pouvons prendre l’exemple du site de l’archiduchesse. Ce site de chaussettes créé par le fondateur du site Lafraise (partenaire d’olybop). Le concept est simple quand on y réfléchit. Vendre des chaussettes… Rien de plus simple. Et bien non, justement, le faite de créer un site complet, positionné dans un marché de niche, a été totalement conçu et réfléchi dans une stratégie bien différente du site évoqué plus haut. Un design soigné et épuré, une communication basée sur le « visuel produit ». Une expérience utilisateur pensée et efficace. Alors pourquoi allez-vous me dire ? Observons rapidement. « Less is More », une nouvelle fois on se rend compte que la problématique que nous trouvons souvent en tant qu’agence web. Un client qui souhaite que tout soit « animé », que « cela bouge ». Ici non, ce sont de petites animations subtiles (étoile à l’ajout au panier ou encore l’adaptation du logo suivant la gamme de chaussettes) qui apportent toute la qualité graphique du site. Les plus néophytes pourront croire que le site est vide, sans design et manque de couleurs. C’est un choix. Que souhaite la personne quand elle vient sur le site ? C’est de voir ses produits qualitatifs sans pour autant être pollués d’animations diverses et variées. Exit les petits poneys qui courent sur un arc-en-ciel. Revenons à l’essentiel, le produit et les personnes qui viennent chercher ce produit.

Le Webdesign de demain, de 2014 ?

Il y a 2 écoles pour ce qu’il pourra se passer demain.

La première est un webdesign uniformisé, commun et identique partout. Avec la démocratisation des sites de générateur de sites ( que cela soit des sites vitrines ou e-commerce) ou les dizaines de milliers de templates que l’on peut retrouver partout sur le web, il est donc inévitable de retrouver des chartes graphiques identiques entre plusieurs sites.

La deuxième c’est un webdesign personnalisé, adapté à une cible qui s’adresse forcément à des sociétés/entrepreneurs possédant des fonds pour faire appel à des professionnels. Bien sûr, graphiquement parlant, cela peut autant être du discount ou du « classe » suivant la stratégie de la société et leurs cibles.

Alors qu’est-ce-qu’il va être important demain ?

Mon avis sur la question est simple :

  1. Un retour aux sources sur le plan humain : avec la multiplication des sites, les personnes vont forcément devoir se sentir rassuré par une marque. On le voit bien avec les pages fans facebook, on devient l’ambassadeur d’une marque donc un utilisateur fait confiance, se sent concerné, s’engage. Il faut qu’il se retrouve dans l’univers de la marque.
  2. Une culture graphique sur les nouveaux sites : On commence à oublier les designs « moches ». Même dans le cadre des cibles « discount ». Cette culture graphique est aussi créé sur les tendances (Flat design, flat long shadow, skeuomorphic…)
  3. Un webdesign axé sur l’expérience utilisateur : penser un design dans le cadre où le visiteur doit se sentir « unique ». Un peu comme si on s’adresse à lui et pas identique à tous les visiteurs.
  4. Une mise en valeur du produit : un bon produit (ou idée) sera toujours mieux vendu qu’un mauvais. Même avec le meilleur design du monde.
  5. Une globalisation : rien ne fonctionne sans l’ensemble des éléments. Un design, un produit, une marque, une communication, une gestion du social… bref une approche globale 🙂
  6. Design Thinking : mais ça j’en parlerais dans un prochain article…